Carburant et polluant
Globalement, les gaz d'échappement des véhicules sont composés de 80 à 90% de produits non toxiques (azote et eau), de 10 à 15% de gaz carbonique (CO2), qui est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement planétaire, et d'une fourchette de 0,5 à 10% de composants toxiques pour la santé et l'environnement. Ce pourcentage peut paraître faible, mais une voiture moyenne produit entre 100 et 300 m3 de gaz d'échappement par heure. Multiplié par le nombre de voitures, cela nous donne quelque 500 millions de m3 rejetés par 24 h dans une grande ville, soit de 2,5 à 50 millions de m3 de composants toxiques par jour ! Le plus médiatique est sans conteste le gaz carbonique (CO2). Son rôle dans l'effet de serre et ses conséquences pour notre planète et notre survie sur celle-ci n'est plus à démontrer. En Wallonie, les véhicules sont responsables de 13% des émissions de CO2. LES PRINCIPAUX
COMPOSANTS TOXIQUES
Le monoxyde de carbone (CO) : 63% des rejets de CO dans l'atmosphère
sont d'origine automobile. L'adoption du pot catalytique a permis une
réduction continue des niveaux ambiants de CO. Mais il reste un gaz
mortel à forte concentration (ne laissons jamais tourner le moteur de
notre véhicule dans un garage mal aéré !!) Le plomb (Pb) est lui aussi
bien connu. Jusqu'il y a peu, on ajoutait du plomb à l'essence pour son
pouvoir lubrifiant et surtout antidétonant. Sa toxicité mais aussi son
incompatibilité avec les pots catalytiques ont entraîné sa disparition
définitive en 2000. Il a été remplacé par différents hydrocarbures et
plus particulièrement par le benzène. Néanmoins, il est prouvé que
l'exposition au benzène est cancérogène et 80% du benzène contenu dans
l'air ambiant provient des véhicules automobiles : on a rempalcé un
problème par un autre ! Le taux de benzène est particulièrement élevé
dans les tunnels, dans les stations services et à l'intérieur des
véhicules.
LE TRIO INFERNAL...
La plupart des études consacrées aux effets de la pollution se sont
concentrées sur un polluant précis. Or, les épisodes de pollution se
caractérisent, en général, par une hausse simultanée des concentrations
de plusieurs polluants. Ceci est particulièrement vrai pour les oxydes
d'azote (NOx) représentés essentiellement par le NO2 (67% des émissions
sont d'origine automobile), pour le dioxyde de soufre (SO2) (7% mais
très dangereux) et pour les particules (PM) (58%). Globalement, ces
substances sont responsables d'une augmentation de la mortalité, du
nombre d'hospitalisations et du nombres d'affections respiratoires
multiples. Mais aussi de l'apparition de symptômes chez les personnes
sensibles (enfants, personnes âgées, personnes malades, personnes
allergiques), et plus particulièrement chez les asthmatiques. Les
effets à long terme pourraient être encore plus graves. Certains gaz,
tel l'ozone, affectent également les personnes en bonne santé,
essentiellement pendant l'effort.
QUELQUES COCKTAILS DANGEREUX
Le soleil, associé aux NO2 et à des composés organiques volatils
(xylènes, benzènes) engendre notamment l'ozone (O3) qui participe
activement à la formation du «smog d'été» responsable d'épisodes de
pollution bien connus dans beaucoup de grandes villes. La communauté
scientifique a apporté des preuves suffisamment probantes pour conclure
qu'il représente un risque grave pour la santé, aux concentrations
enregistrées en milieu urbain en Europe. En outre, d'un point de vue
environnemental, on sait depuis longtemps qu'à des concentrations bien
inférieures à celles qui provoquent des symptômes chez les humains,
l'ozone cause des dommages irréversibles à la végétation et notamment
aux principaux légumes de nos jardins. NO2 et SO2 sont les constituants
principaux du «smog d'hiver», responsable d'une augmentation de
mortalité et de nombreux troubles respiratoires. Cette même association
est le principal responsable des pluies acides qui dévastent nos
forêts. Elle provoque, en outre, l'asphyxie du sol et des eaux côtières
et donc la destruction d'écosystèmes. Enfin, elle est responsable de
l'endommagement important des bâtiments et des monuments par la brume
acide. NO2 et SO2, associés à des substances diverses de l'atmosphère
constituent les aérosols acides. Il s'agit de minuscules particules ou
gouttelettes (<1mm) susceptibles de pénétrer profondément dans les
poumons et de demeurer présentes dans l'atmosphère longtemps après leur
formation. On se demande si elles ne sont pas responsables de la
plupart des effets que la pollution par les particules a sur la santé.
ESSENCE, DIESEL OU LPG ?
Essence et pot catalytique? Oui, mais…
L'essence, si elle pêche encore par une forte teneur en benzène, a, par
contre, fortement réduit ses émissions polluantes grâce à l'adoption,
obligatoire depuis 1993, du pot catalytique et à la suppression du
plomb de sa composition. Cependant, un pot catalytique nécessite une
température de 250°C pour commencer à fonctionner et de 400°C pour que
ce fonctionnement soit optimal. en pratique, cela demande un délai d'au
moins trois minutes. Mais 30% des déplacements motorisés sont
inférieurs à 2 km et se font donc à froid : le pot catalytique n'est
pas efficace pour ce type de déplacement ! Par ailleurs, certains
véhicules anciens (en moyenne plus de 12 ans) doivent encore utiliser
de l'essence plombée. Cette dernière est également privilégiée par les
propriétaires de 25% de voitures non catalysées, qui peuvent cependant
rouler avec de l'essence sans plomb.
Une voiture essence moyenne produit 170 g de C02/km.Diesel, le nouveau roi...
Le moteur fonctionnant au gasoil, quant à lui, garde le précieux
avantage d'avoir un meilleur rendement et de consommer moins que le
moteur à essence : 5,9 l/100km contre 7,1 l/100 km (moyenne sur toutes
les voitures neuves immatriculées en 2002 dans notre pays). Mais, le
caractère préoccupant pour la santé et l'environnement de ses rejets de
particules (1000 fois plus importants que ceux d’un moteur à esssence)
en fait un carburant polluant, particulièrement en ville.
Entre 1983 et 1998, la part des véhicules roulant au diesel est passée
de 16% à 58% ! Une augmentation qui s'explique par l'amélioration des
moteurs et d'une taxation plus favorable.
Depuis 1997, la teneur en soufre du gasoil a été ramenée de 0,2 à
0,05%, ce qui a permis d'équiper les véhicules diesels de pots
catalytiques. Ceux-ci n'ont cependant aucun effet sur les oxydes
d'azote, inconvénients majeurs du gasoil avec le soufre et les
particules! Une voiture diesel moyenne produit 156 g de C02/km. Le GPL,
de très loin le moins polluant !!
Si vous avez choisi une voiture essence, il vous est possible d'y faire
installer le LPG (Gaz de Pétrole Liquéfié). Le LPG, mélange de gaz
butane et propane, ne contenant ni plomb, ni soufre, ni méthane, ni
benzène, est le plus propre des carburants classiques. A cylindrée
équivalente, une voiture équipée au LPG produira 13% de CO2 en moins
qu'une voiture diesel et 10% en moins qu'une voiture à essence. Il est
aussi le moins utilisé : en 1998, seulement 1% des véhicules
fonctionnaient au LPG. Jusqu'au 31/12/2002, le gouvernement fédéral a
octroyé une prime de 508,18 € à l'installation du LPG. Visitez le site
Internet http://www.environment.fgov.be ou téléphonez au Call Center du
Ministère des Affaires sociales, de la Santé publique et de
l'Environnement au 02/702 21 59 (accessible, de 9h à 17h) pour
connaître les conditions.
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